Je hacke l'inertie nationale

Je m'appelle Sihem. Si ce site porte le prénom de Lyhanna, c'est pour mon enfant classé sans suite, et pour tous les enfants trahis par la justice.
Je suis une citoyenne. Comme toi. Experte malgré moi. Quatorze ans de procédures dans les pattes. Et six ans à me battre pour les enfants des autres, bénévolement. Une seule cause. Pas cinquante.
Le 14 juillet 2021, j'ai créé le collectif Incesticide France et lancé un appel à témoignages. J'ai écouté des milliers de familles, et aidé quelques-unes. En 2023, j'ai relancé l'appel des 500 mères veilleuses, punies par la justice dès que leur enfant dénonce les viols de son père. La même année, j'ai transformé le rapport de la CIIVISE, ses 756 pages, en un quiz gratuit, pour que l'info passe et qu'on s'en empare. Plus de mille personnes l'ont reçu. Le 8 mars 2024, je l'ai officialisé à l'Assemblée nationale : l'appel des 500 mamans.
Des centaines de mères ont écrit à leur juge, à partir de mon modèle. Anonymisées, pour les protéger. Une trentaine d'artistes les ont lues. J'ai tout filmé et publié sur mes réseaux : plus de 25 millions de vues. Je voulais que la France voie ce que la justice décide à huis clos. En savoir +
J'ai demandé à chaque mère de m'envoyer ses documents, et de me raconter. À partir de mon modèle, j'ai écrit sa lettre avec elle. Une lettre adressée à son juge. J'ai relu, réécrit, validé chacune. Et je les ai toutes anonymisées. Parce qu'à visage découvert, une mère qui parle se fait détruire par son juge. Ils détestent qu'on conteste leur pouvoir, total et sans contrôle du peuple.
Puis je suis allée chercher les artistes, un par un. En découvrant la torture que la justice inflige à nos enfants, une trentaine ont accepté de les lire.
Une maman attachée parlementaire, qui vit le même enfer que moi, a obtenu qu'on les lise à l'Assemblée nationale. J'ai tout organisé, de A à Z. Grâce à Nonstop Production et à Marie-Cécile Lucas, j'ai pu filmer, monter et publier. Sur mes réseaux, parce que les médias, eux, n'en faisaient pas un sujet.
Pourquoi les juges ? Parce qu'eux seuls peuvent sortir nos enfants de cet enfer. Cet enfer où ils les ont plongés, en refusant de les protéger. Chaque mère écrit au sien : « Voici ce que mon enfant t'a dit. Voici les preuves au dossier. Et toi, tu nous livres aux ténèbres. »
En 2025, j'ai porté, avec trois co-auteurs, le rapport « Inceste paternel et torture institutionnelle en France » devant le Comité contre la torture de l'ONU. Pour la première fois, l'ONU a reconnu cette torture et interpellé la France.
Après des années de sollicitations, quelques députés m'avaient tendu la main, à moitié. Un seul est allé au bout avec moi : Christian Baptiste. Puis le député Arnaud Bonnet l'a rejoint, après de nombreux rendez-vous. Avec eux et la députée Christine Engrand, le gouvernement a été interpellé par les questions qu'on préférait étouffer : une question écrite, une autre, une question au gouvernement. Jusqu'à la séance du 28 janvier 2026, où j'ai réussi à faire ouvrir une commission d'enquête sur le traitement judiciaire de l'inceste parental et les parents protecteurs (PPR n° 1977)… En savoir +
Christian Baptiste en est le rapporteur, Arnaud Bonnet le vice-président. Un exploit : six mois de travail de fond pour réunir la signature des onze présidents de groupe. Tous ont signé, sans exception. Le cabinet de Yaël Braun-Pivet a parlé d'un « record historique » : il me l'a écrit par SMS. Le 7 avril 2026, j'ai été auditionnée pendant trois heures et demie.
Tout cela, en tant que citoyenne indépendante, soutenue depuis peu par quelques pourboires sur Tipeee. Sans argent. Sans appui. Et surtout sans compromis. À la seule force de la confiance qu'on m'a donnée, et de mon travail acharné.
Le 8 juillet 2026, le rapport de la commission sera rendu public à l'Assemblée nationale. La presse et les voix qui comptent sont les bienvenues pour faire du bruit. À suivre.
Six ans que je tiens. Des milliers de parents m'ont écrit. Des survivant·es. Des enfants classés sans suite. Des familles à bout, mais debout. Elles ne demandaient qu'une chose : quoi faire, concrètement. Pas raconter encore. Agir. C'est pour elles, et avec elles, que j'ai créé lyhanna.fr et le mouvement Enfants classés sans suite.
Je sais comment m'y prendre. Ma méthode est simple : je prémâche l'action, et je ne demande qu'une minute à qui veut aider. Mes stratégies sont devenues un modèle, que d'autres associations ont salué. C'est pour ça qu'ici, ensemble, on peut changer la France. Cette France que certains appellent déjà Pedoland. Et faire trembler les violeurs d'enfants.
« Lyhanna est morte. Violée, tuée. À cause de la justice. Nos enfants, eux, sont des morts-vivants. Violés sur ordonnances signées par des juges. »
Carla Bruni a lu la toute première lettre, en 2024. Une trentaine d'artistes ont suivi.
Que les violeurs d'enfants soient mis hors d'état de nuire. À vie. Et que la lumière soit faite sur tout ce qui se décide à huis clos, là où ils continuent de violer sur ordonnance de justice.
« Assez témoigné, assez pleuré. Ici, on agit. Et tout est gratuit. »
Je hacke l'inertie nationale. Sur le terrain, j'ai repéré tout ce qui empêche les gens d'agir. Je le lève, mur après mur. Voici les règles que je ne lâche pas.
On me dit frontale. C'est vrai. Je dis la vérité, même quand elle dérange. Les mères le savent, depuis six ans. Je ne laisserai personne éteindre la seule force qui peut, enfin, protéger nos enfants.
Ils nous endorment. Je ne me rendors pas. Seule, je ne pèse rien. Mais une bougie en allume une autre. Allume la tienne.
Allumer ma bougie · rejoindre la veilléeSihem Ghars
Et à côté de tout ça, j'aime faire des hammams, faire la fête... et les coiffeurs me font payer un triple supplément de shampoing !